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Lettre à l’archevêque de Paris

Voici une nouvelle lettre envoyée à Mgr Aupetit, archevêque de Paris, signée par plusieurs groupes de paroisses parisiennes.


Monseigneur,

Le motu proprio Traditionis Custodes du Pape François, publié le 16 juillet dernier, ne laisse pas indifférent. Vous l’écriviez en la Nativité de la Très Sainte Vierge Marie, il suscite notamment « des commentaires qui reflètent les inquiétudes ou les incompréhensions de leurs auteurs ». Effectivement, nous sommes nombreux à ne pas comprendre cette décision brutale du souverain pontife et encore moins son application autoritaire dans certains diocèses, en particulier le vôtre, celui de Paris.

Nous ne saisissons pas le bien-fondé de cette volonté clairement affichée de mettre au ban de l’Église la messe traditionnelle dont la fécondité à travers l’histoire n’est plus à prouver. Encore aujourd’hui, alors qu’en France la tendance est à la baisse continue du nombre de vocations et que les églises se vident de leurs fidèles, devons-nous rappeler que c’est tout l’inverse dans les communautés attachées au trésor liturgique que constitue l’usus antiquior ?

Nous vous le demandons bien humblement : laissez-nous continuer « l’expérience de la Tradition ». Vous assurez dans votre lettre du 8 septembre que par ce motu proprio : « Il ne s’agit pas de réveiller des querelles liturgiques mais d’assurer le bien des fidèles qui sont attachés à la forme ancienne » et qu’ainsi « l’évêque doit prendre des dispositions pour qu’ils puissent participer à ces liturgies sans craindre d’être mis à l’écart de la vie et de la foi de l’Église, c’est-à-dire sans subir ceux qui blessent la communion en augmentant les distances ou en construisant des oppositions ». Nous sommes bien d’accord, le temps de la « guerre liturgique » est passé. Il ne s’agit pas ici de la raviver. Nous ne doutons pas qu’en pasteur éclairé vous ayez pris connaissance des arguments de la foisonnante production intellectuelle de ces cinquante dernières années qui, au-delà de l’attachement sensible, conduisent à adhérer profondément à cette liturgie « vénérable et antique ».

Il serait de bien mauvaise foi et choquant de penser que les fidèles du rite tridentin ne cherchent pas le bien de l’Église. Malhonnête également de voir dans leur attachement au missel tridentin un unique signe de critique déguisée des autorités ecclésiastiques actuelles. Jusqu’à preuve du contraire, les messes célébrées selon le missel de Saint Pie V sont valides. Nous y récitons le même Credo que vous. « Nous croyons en l’Église, une sainte, catholique et apostolique ». Que nous reprochez-vous donc alors ? Nous avons peine à déceler ce que vous prétendez être « la sollicitude du pape et des évêques pour les fidèles attachés à l’ancienne forme liturgique » en réduisant drastiquement les conditions de sa célébration dans votre diocèse…

Quelles sont les raisons qui vous poussent à ne permettre la célébration selon le missel de 1962 seulement dans 5 églises ? Pourquoi avoir supprimé les messes du lundi midi à Sainte-Clotilde, du jeudi soir à Notre-Dame de l’Assomption de Passy, et celles du dimanche matin, du mercredi et jeudi soir à Saint-Georges de la Villette et du dimanche soir à Notre-Dame du Travail ?

Pourquoi avoir confisqué à la Fraternité Saint Pierre le droit de célébrer la messe des étudiants le mercredi soir ? Quelles idées motivent votre choix d’avoir déplacé le lieu de cette célébration – de l’église Saint François-Xavier à la chapelle Notre-Dame du Lys ? Pourquoi vouloir faire appel uniquement à des prêtres diocésains ? Les autres sont-ils des ecclésiastiques de seconde zone ? Y a-t-il dans votre esprit une « Église des purs », pour laquelle le concile Vatican II et le missel de Paul VI sont les seuls horizons indépassables et une « Église de brebis perdues » dont le crime serait de s’appuyer sur des siècles de dépôt de la Foi ?

Monseigneur, il est indubitable que tout ceci sème gravement la confusion. Vous ne le savez que trop bien, ces questions taraudent de nombreux fidèles qui ne sont pas forcément des habitués de la liturgie traditionnelle. Ayez, s’il vous plaît, la délicate charité et la bienveillance pastorale de laisser continuer « l’expérience de la Tradition ». Rétablissez, nous vous en supplions, ces oasis spirituels dont nous avons tant besoin et qui ont été supprimés sans que nous n’ayons l’once d’une explication de votre part. Ne soyez pas de ceux qui, selon vos propres mots évoqués plus haut, « blessent la communion en augmentant les distances ou en construisant des oppositions ».

Nous vous prions de ne pas nous laisser sans messe, sans réponse, et de bien vouloir daigner nous recevoir afin d’écouter nos requêtes.

Avec l’assurance de notre expression la plus filiale et notre prière,

  • Collectif Paris Tradition 14 (Notre-Dame du Travail, Saint-Dominique, Saint-Pierre de Montrouge)
  • Des paroissiens de Saint-Georges de la Villette
  • Des paroissiens de Saint-François-Xavier / Notre-Dame du Lys
  • Des paroissiens de Sainte-Clotilde
  • Juventus Traditionis
  • Soutien Saint-Eugène

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